Yaremis Mendaro, une joueuse cubaine dont le parcours vers le statut de professionnelle de volley-ball a été marqué par des étapes clés et des défis inévitables. Des championnats du monde à la conquête de ses propres incertitudes, Mendaro évoque une trajectoire faite d’échecs surmontés, de doutes dissipés, et de difficultés transformées en opportunités de briller. Un élément essentiel de l’équipe, elle fait preuve d’une résilience admirable, prête à relever tous les défis pour cimenter sa place dans le monde du sport et être fière de chaque étape franchie. Loin d’être une novice, Mendaro, présente déjà l’année dernière, demeure une force incontournable sur laquelle ses coéquipières peuvent toujours compter.

Quel bilan dresses-tu de l’année dernière, une année qui t’a permise de te relancer dans la compétition après une blessure ?

Effectivement le club m’a donné l’opportunité de revenir dans la compétition. On a fait une saison plutôt positive qui a un peu manqué de consistance, surtout vers la fin, mais qui reste une saison avec très peu de matchs perdus. Une chose que je retiens de l’année dernière – un apprentissage en fait – c’est l’importance de savoir perdre. La saison passée, on avait une série de plus de 10 matchs gagnés et par la suite, on n’a pas su gérer la situation dans les matchs vraiment importants. C’est quand même important de perdre quelques matchs pour savoir affronter cette situation et surtout connaître et travailler nos points faibles.

Physiquement aujourd’hui, je suis en train de me remettre d’une blessure à la cheville que je me suis faite pendant le match à Évreux.

En quoi cette année est-elle différente ?

Chaque année est différente. Tout d’abord on a une nouvelle équipe et on a déjà perdu des matchs donc on connait déjà cette sensation et on gagne en expérience lors de chaque match.

En dehors du volley, quelles sont tes passions et intérêts ?

Depuis mes 27 ans, mes intérêts et ma vie ont un peu changé. Avant j’étais curieuse de découvrir de nouveaux endroits, pour voyager. À une époque, je voyageais beaucoup. Je voulais visiter des nouvelles villes, en fait j’aime bien explorer de nouvelles contrées et découvrir la culture qui y est présente. J’adore visiter des musées, collectionner des souvenirs, faire des photos, faire des vlogs.

Aujourd’hui, je continue mais de façon plus organisée. Ce désir de bouger s’est transformé en besoin de trouver un endroit pour me poser. J’ai commencé à entrevoir la vie après le sport. J’ai découvert un nouvel intérêt pour les langues étrangères. J’aimerais en ce sens pour trouver un emploi dans cette domaine, soit en interprétation, soit en traduction. Numérique, touristique… Le spectre est grand. Maitriser plusieurs langues me serait même utile personnellement (loisirs, guide touristique…), tant de possibilités ! Le monde numérique et la création de contenu pour réseau sociaux me tape dans l’œil également. Une future carrière en freelance n’est pas à exclure. n ne sait jamais.

Quels sont les aspects du volley que tu apprécies le plus ?

Ce que j’apprécie particulièrement dans ce beau sport, c’est qu’une personne introvertie et solitaire comme moi peut jouer un sport d’extraverti. Être dans le collectif m’a forcé à sortir de ma zone de confort, tout un challenge. Mes coéquipiers, mon coach, le staff savent que je suis comme ça. J’ai dû travailler pour donner le meilleur de moi-même pour aider mon équipe et être plus compatible avec une dynamique de groupe. Ça me coûte, mais j’essaie de m’ouvrir un peu plus. C’est un apprentissage, comme chaque jour de la vie l’est.

As-tu des conseils pour celles qui aspirent à une carrière dans le volley ?

Ce sera plutôt un conseil général : si vous voulez quelque chose, allez le chercher. Si vous sentez en votre for intérieur que c’est ce que vous voulez faire, alors il ne faut pas s’arrêter. Suivre son cœur n’est jamais une mauvaise chose.

L’année dernière, tu disais devoir t’améliorer sur ton manque de confiance en toi. Dirais-tu que tu as progressé ?

Il y a une part des choses dans la vie qui sont comme elles sont et sont immuables, et d’autres sur lesquelles on peut travailler. Les « pourquoi » ne disparaitront jamais vraiment : pourquoi je doute ? pourquoi je ne me sens pas capable ? pourquoi je pense trop ? pourquoi j’ai peur de rater ? Ce sera toujours une partie de moi, et c’est une faiblesse, et malgré le travail effectué, je sais que je ne serai jamais une personne avec une grande confiance en soi, en tout cas, pas dans le domaine sportif.

Peux-tu partager un moment drôle ou inoubliable qui s’est produit dans le cadre de ton expérience au club de Saint-Dié ?

La période de Noël, quand c’est le moment de faire les cadeaux, c’est toujours un moment que j’attends avec impatience toute l’année. C’est de la joie pure, je peux faire des blagues que tout le monde comprend. J’adore échanger des cadeaux, faire plaisir et recevoir de jolies choses aussi.

Peux-tu partager des moments forts de ta carrière ? Des matchs ou des expériences qui t’ont particulièrement marquée ?

Je garderai toujours en mémoire le meilleur block que j’ai fait en un contre un. C’était pendant un match de Challenge Cup, contre l’équipe Dresdner d’Allemagne, à l’époque où j’étais en Grèce.
Aussi, quand j’étais à Nantes, un match de Champions League contre une équipe croate où j’ai fait huit aces et suis sortie MVP du match.
La plus belle attaque que j’ai faite, c’était l’année dernière. Match à domicile contre Quimper, l’ancienne attaquante de Saint-Dié, la Péruvienne Zoila, a fait une passe arrière depuis le poste 5 vers le poste 2. Personne ne s’y attendait. Je suis allée attaquer seule, pour une une balle très compliqué à aborder. J’étais étonnée d’y parvenir, je ne pensais pas que j’allais réussir honnêtement.

Un mot pour les supporters

Encore merci à tous les supporters pour votre soutien. On vous attend nombreux au gymnase comme d’habitude !